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Actualités
2025–2026

Parutions récentes et à venir 


en cours

Mondes postcapitalistes, “Genres Fluides” avec Emma Bigé, ouvrage collectif, dir. Jérôme Baschet/Laurent Jeanpierre, La Découverte, février 2026
Trou Noir 7 : Paradoxes de la Visibilité, automne 2026
Ce reste de terre, un récit scatologique,  éditions Trou Noir, 2027
La nature des anarchistes, recueil de textes, dir. Thomas Coste, Léo Grillet, Cy Lecerf Maulpoix, prochainement 

parutions

Monde de l’art à l’âge du capitalisme, dir. Florian Gaité et Aline Caillet, Presses Universitaires de Vincennes, 2025
Trou Noir 4: Marseille, désirs en désordres, mai 2025


Colloque La Nature des Anarchistes ( à venir )


“Complicités et conflictualités entre anarchistes et écologistes
(XIXe-XXIe siècles)”, novembre 2026, Ecole des Beaux-Arts de Marseille.

Comité d’organisation: Thomas Coste (Université d’Évry/IDHES), Léo Grillet (Sciences Po/CEE), Cy Lecerf Maulpoix (EHESS/CEMS)


À une époque où les urgences écologiques sont souvent reléguées au second plan par des régimes autoritaires aux tendances écocidaires — voire réinterprétées au prisme d’une rhétorique fascisante — ce colloque international et pluridisciplinaire propose de revisiter les relations historiques et contemporaines entre anarchisme(s) et écologie(s).

Depuis la seconde moitié du XXe siècle, l’anarchisme semble s’être imposé comme l’une des traditions politiques les plus en affinité avec les enjeux écologiques actuels. Son rejet des structures de pouvoir centralisées, sa vision décentralisatrice de l’organisation socio-économique et son approche préfigurative ont nourri cette réputation (Toro, 2021 ; Grillet, 2026). Mais bien en amont, dès la fin du XIXe siècle, des penseurs comme Pierre Kropotkine ou Élisée Reclus, ainsi que les expériences communautaires des milieux libres, ont esquissé des formes précoces d’écologie politique (Linse, 1986, Gould, 1988, Maitron, 1992 ; Masjuan, 2000). À contre-courant de l’industrialisme dominant de « l’âge des machines », l’anarchisme s’est ainsi différencié tant du libéralisme que d’autres variantes du socialisme, en proposant une modernité alternative, portée par des imaginaires romantiques et des pratiques enracinées dans des cultures paysannes et artisanales (Probst, 2024). Ces héritages libertaires semblent inspirer ou imprégner, souvent de façon implicite et diffuse, certaines luttes écologistes, des années 1960 à aujourd’hui.

Ce colloque transdisciplinaire vise à explorer les affinités électives entre anarchisme(s) et écologie(s), en interrogeant les contextes socio-intellectuels ayant permis leur articulation, de leurs prémices au XIXe siècle jusqu’à leurs reconfigurations contemporaines. Nous porterons une attention particulière à la diversité des courants écologistes anarchistes ayant coexisté, ou coexistant encore — tels que l’écologie sociale, le primitivisme, ou le biorégionalisme —, à leurs ancrages scientifiques et militants, ainsi qu’à leurs relectures récentes dans des champs de lutte variés : antinucléaire, féministe, animaliste, antispéciste, décolonial, etc. (Zerzan, 1994 ; Sale, 2000 ; Bookchin, 2019).


Suite de l’appel à communication 

Comité scientifique


● Emeline Fourment (Université de Rouen-Normandie/CUREJ)

● Florian Gaité (École supérieure d'art d'Aix-en-Provence/ACTE)

● Emilie Hache (Université Paris-Nanterre/Sophiapol)

● Samuel Hayat (CNRS/Cevipof)

● François Jarrige (Université Bourgogne-Europe/LIR3S)

● Anna Trespeuch-Berthelot (Université Caen Normandie/HisTéMé)

● Alexis Vrignon (Université d’Orléans/POLEN)



Nouvel Entretien sur Les Temps Qui Restent 

“Edward Carpenter : nature, socialisme et sexualités dissidentes dans l’Angleterre victorienne”, décembre 2025

Poète, philosophe et militant révolutionnaire, Edward Carpenter fut l’une des figures les plus singulières de l’Angleterre victorienne. Militant socialiste, proche de William Morris comme de Walt Whitman, il promut l’idéal d’une vie simple, sensible à la nature et capable de faire dissidence par rapport aux conventions sociales aliénantes. Penseur de la cause animale, de l’homosexualité, du droit des femmes, de l’anti-impérialisme et de l’éco-socialisme avant la lettre, Carpenter concevait la transformation personnelle comme un vecteur de changement social, et ne séparait jamais la lutte politique de l’expérimentation collective de nouvelles formes de vie. Dans cet entretien, le chercheur Cy Lecerf Maulpoix, nous présente cette figure historique aussi remarquable que méconnue, et explore ses résonances pour notre présent.

Voir l’entretien avec Arto Charpentier

Rencontres à venir 
en cours


5 février, Conférence “Du propre au sale, penser les écologies déviantes face aux hygiénismes contemporains“, Hacktinonmy, esaaAnnecy
19 février, Conférence performée “Le Sexe est une idylle avant la Chute”.
Rétrospective Derek Jarman, Cinematek, Bruxelles

Rencontres récentes passées.

16 décembre, Saint Derek part 2, Zoèmes, Marseille.
11-13 décembre, Intervention, Open the Bin, Colloque international, Université du Mans.
29 - 30 novembre, Conférence performée et Table-Ronde, Rétrospective Derek Jarman, Centre Pompidou/Mk2 Bibliothèque, Paris
7-18 novembre, Intervention, The SOAS Shit Conference, Londres






“Mémoires infectées et spectres du capital”, Trou noir no.3: enjeux historiques et conflits mémoriels des sexualités dissidentes

Un vent inédit souffle sur l'histoire LGBTQI+. Un profond renouvellement des enjeux politiques de l'histoire et de la mémoire porté par une génération de chercheur·euses concerné·es et l'émergence de nombreux collectifs d'archives queer impulsent une nouvelle manière de construire la connaissance et le passé des sexualités et des genres dissidents, en résistance au pouvoir, à son organisation verticale des grands récits et de l'oubli. Multiple, partiale, située, collective, la transmission devient elle-même une lutte, objet d'un militantisme dont la vocation résidera dans la création d'outils, de liens et d'espaces à même de soutenir ce changement.

Collectif  Essai

Trou Noir éditions
Date de sortie : 2024
160 pages / 110 x 180 mm
12,00 euros
ISBN 979-1-09451-238-8

Voir le site de Trou Noir


Extrait :

En 2014, Jack Halberstam qualifiait déjà les premières histoires gays et lesbiennes des chercheur-euses universitaires de la première vague de « positivistes ». Plus récemment, ce processus a également été décrit par le chercheur Kadji Amin dans l’introduction à son livre sur Jean Genet (10). Il reconnaît tout d’abord chercher chez ce dernier le modèle d’un militantisme coalitionnel queer et décolonial. Inspiré par la subversion de Genet et la manière dont il l’a performée, ses alliances avec les Black Panthers et le mouvement de libération palestinien, Amin découvre, à mesure d’une lecture approfondie des textes et archives qu’il travaille, que nombre des relations et formes de camaraderies mises en scène ou vécues par Genet ne correspondent pas totalement au récit idéal qu’il aimerait lui faire incarner. S’il envisage en premier lieu d’abandonner l’auteur pour chercher des exemples plus adéquats, Amin persévère et articule une partie de sa déception à une tendance plus systémique :

“Dans le contexte de la modernité occidentale, les déviances sexuelles et raciales ont été pathologisées, violemment réprimées et sujettes à une discipline normative dans les établissements pénitentiaires, les hôpitaux et les écoles. En conséquence, les cultures, les savoirs et les mondes vivants des groupes dénigrés ont été stigmatisés et rendus monstrueusement inintelligibles. Une tendance puissante au sein de la recherche a été de répondre à cet héritage dommageable de honte et de stigmatisation en idéalisant bruyamment les alternatives qui émergent de la déviance. Notre sexe, parce qu’il est hors-la-loi, est plus sexy ; notre amour, parce qu’il n’est pas institutionnalisé, est plus vrai ; nos familles, parce qu’elles sont librement choisies, sont exceptionnellement solidaires et antihiérarchiques ; nos mouvements politiques, parce qu’ils ne sont pas liés à des identités sociales étroites, sont coalisés et capables de lutter contre l’oppression sur tous les fronts”.

L’idéalisation décrite ici par Amin est une tendance qui mérite d’être fortement combattue à l’heure où nous avons à nous interroger sur le type de puissance que nous voulons conférer à nos récits mémoriels. Dans l’ouvrage Bad Gays11, Ben Miller et Huw Lemmey s’interrogent, en pré- ambule de leur livre adapté de leur podcast, sur les histoires que nous décidons depuis l’Occident d’inscrire dans des généalogies susceptibles de donner une cohérence à l’identité politique pro- gressiste (ou civilisationnelle) de l’homosexualité. « Pourquoi choisissons-nous de nous souvenir d’un Wilde vif d’esprit et glamour et d’oublier un Bosie machiavélique, antisémite, aux moeurs dissolues? »(11)

10.  Kadji Amin, Disturbing Attachments. Genet, Modern Pederasty, and Queer History, Duke University Press, 2017. [trad de l’auteur].
11.  Huw Lemmey et Ben Miller, Bad Gays, a homosexual history, Verso, 2022.